PROMESSES JAMAIS TENUES DE PAIEMENT DE LEURS HONORAIRES: Les avocats de l’Etat réclament leur argent

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Trainés de promesses à promesses, d’échéanciers à échéanciers et d’engagements de paiement jamais tenus, depuis plus de 3 ans, les avocats de l’Etat, dans l’affaire Karim Wade en ont ras-le bol. Ayant accepté par patriotisme de réduire de plus de la moitié les honoraires qu’ils devaient recevoir, les robes noires, qui ne veulent et ne peuvent plus attendre, sont en train de concocter «un plan de riposte».

Après avoir défendu bec et ongles les intérêts de l’Etat, avec tous les risques qu’il courait, dans le dossier Karim Wade, les avocats courent toujours derrière leurs honoraires. «Ils nous donnent des engagements fermes, mais qu’ils ne respectent jamais. Chaque fois, c’est des promesses qu’ils ne respectent jamais, et cela depuis des années. Ça fait trois ans maintenant. A chaque fois, on nous traîne d’échéancier à échéancier. Ils s’amusent avec les avocats, en quelque sorte», pestent des sources au cœur de cette affaire. Révulsées par l’attitude de l’Etat qui frise l’ingratitude à leur égard, nos sources de cogner de plus belle, en soulignant que malgré la signature d’un accord pour la réduction de leurs honoraires, l’Etat continue de faire le mort en ne respectant pas ses engagements et promesses. «Les avocats de l’Etat ont accepté, pour des raisons patriotiques, une remise et ont renoncé jusqu’à 70% de leurs honoraires. Un avenant a été signé et l’Etat s’était engagé à payer immédiatement après signature de l’avenant qui devait diminuer les montants à percevoir. Nous avons eu des réunions fermes avec l’Agent judiciaire de l’Etat, le ministère de l’Economie, des Finances et du Plan et le Directeur du Budget. Ce jour-là, ils avaient assuré que dès le vendredi suivant, les chèques allaient tomber. Mais cela fait un (1) an et nous attendons toujours. Jusqu’à présent, nous n’avons encore rien reçu», clament nos sources.
Dans tous leurs états, nos interlocuteurs regrettent que dans cette affaire, la parole des plus hautes autorités est passée pour du vent. «Le Président a donné des instructions fermes ; le Premier ministre a donné des instructions fermes ; le ministre a donné des instructions fermes…mais rien n’a été fait», déplorent-elles.

«Les avocats vont riposter…Ils ne peuvent plus attendre»

Suffisant pour que les robes noires troquent leurs toges avec la hache de guerre. En effet, ils ont décidé d’en découdre avec l’Etat, qui fait preuve de mauvaise volonté manifeste. «Les avocats vont riposter. Ils ne peuvent plus attendre. Ils sont en train de préparer un plan de riposte, car ils ne peuvent plus faire confiance à l’Etat», révèlent nos interlocuteurs. Qui invitent l’Etat à «être rigoureux» dans le traitement de cette affaire de leurs honoraires, de la même manière que les conseils ont été rigoureux dans la défense de ses intérêts. Surtout que, pour nos sources, «ça dure depuis trois ans et on est bientôt à la fin du mandat (du Président Sall)».

Les indemnités passent du triple au simple

Et pourtant, il faut reconnaître que les avocats de l’Etat ont fait preuve de compréhension. En effet, ils devaient recevoir 2% des montants recouvrés. Envoyée spéciale du président de la République, Aminata Touré avait annoncé la manne de quelque 200 milliards de francs Cfa avant d’être rectifiée par la voix officielle du gouvernement. En effet, à la suite de la grosse polémique née de la sortie de Aminata Touré, le porte-parole du gouvernement Seydou Guèye avait recadré sa camarade de parti en disant que l’Etat avait recouvré 150 milliards. Rien que sur cette base, les avocats devraient percevoir 3 milliards.
Mais ils ne l’ont pas fait. Ils se sont juste fondés sur le chiffre de 60 milliards annoncé par l’ancien ministre de la Justice Sidiki Kaba pour établir la base de leur calcul. Mais après «marchandage» des autorités et par patriotisme, ils ont accepté de se délester de près de 70% de ce qui leur revient de droit. Néanmoins, l’Etat refuse toujours de mettre la main à la poche.

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