​Amnistie, candidature de Karim et Khalifa, société civile politisée: Macky menace Karim, taille Khalifa et fusille Seydi Gassama

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Sur France 24, Macky Sall s’est prononcé sur les cas Karim Wade et Khalifa Sall, qu’il a pourtant refusé systématiquement de nommer. Niant avoir dit qu’il pourrait les amnistier, comme l’a rapporté hier le site «jeuneafrique.com», le chef de l’Etat note que Karim Wade est libre de revenir au Sénégal, mais dans ce cas, il aura affaire avec la justice, «qui va s’appliquer dans toutes sa rigueur, car ses sanctions pécuniaires courent toujours». Pour Khalifa Sall, il refuse qu’on parle de volonté d’écarter un concurrent, dans la mesure où, note-t-il, l’ancien maire de Dakar n’a jamais nié les faits, considérant juste que c’est une pratique héritée de ses devanciers. La société civile, en particulier Seydi Gassama d’Amnesty international, en a aussi pris pour son grade. 

Macky Sall dément l’intention qui lui est prêtée de vouloir amnistier Karim Wade et éventuellement Khalifa Sall, s’il remporte la présidentielle de 2019. «Je n’ai pas parlé d’amnistie. Cela ne vient pas de moi. Ce débat ne se pose pas à mon niveau», a déclaré Macky Sall. Qui, toutefois, n’écarte pas cette possibilité, si telle est la volonté des Sénégalais, pour une paix sociale. «Je ne peux pas écarter, en tant que dirigeant sénégalais, en tant que président de la République, dans une circonstance nouvelle de réélection, si c’est la volonté des Sénégalais, d’engager une nouvelle phase dans la reconstruction nationale. Dans un esprit de renouveau national, de consensus national. Parce qu’il faut savoir tourner des pages aussi», dit-il. Et tout en parlant de Karim Wade et Khalifa Sall, il a refusé systématiquement de prononcer leurs noms. «Je ne vais pas le citer parce que ça ne m’avance pas. Je suis dans mon rôle de répondre à vos questions. Je ne suis pas là pour parler de gens dont les sujets ont été traités par la justice», affirme Macky Sall.

Karim Wade : «S’il choisit de revenir, on ne peut pas le lui empêcher. La loi s’appliquera»

Au sujet du retour annoncé de Karim Wade, il note que Wade fils est libre comme tout Sénégalais de venir dans son pays, mais qu’il en assume les conséquences, car la justice s’exercera sur lui. «Interrogez le droit. La loi est claire. Il a été condamné à six ans de prison avec des amendes. Il a bénéficié d’une grâce de ma part pour la partie détention. Les peines pécuniaires sont à recouvrer. A défaut de recouvrement, c’est la contrainte par corps. S’il choisit de revenir c’est son choix, sa liberté. On ne peut pas l’en empêcher. Il est libre, il est Sénégalais. Le reste c’est une question de droit, de l’application du droit. Et la loi s’appliquera bien sûr».

Khalifa Sall : «Il n’a jamais nié les faits pour lesquels il a été condamné. Il a dit que c’était la pratique. Mais cela n’est pas une réponse juridique»

S’agissant de Khalifa Sall, qu’il appelle «le second», en référence à Karim (le premier), Macky Sall évacue toutes les accusations de volonté d’écarter un adversaire politique. «Il n’a jamais nié les faits pour lesquels il a été condamné. Il a dit que c’était la pratique. Mais cela n’est pas une réponse juridique. J’ai toujours évité, moi, de parler des dossiers judiciaires. Mais maintenant que la chose est jugée, je pense que personne n’a  été éliminé volontairement», a martelé le chef de l’Etat. Pour qui la démocratie est une réalité incontestable au Sénégal, pays de droit. «Le Sénégal est une démocratie qui ne date pas de mon accession au pouvoir. C’est connu de tous. Nous avons une justice, qui est certes perfectible, comme toutes les justices du monde, mais nous avons une justice responsable».

Amnesty International : «Celui qui peut marcher avec l’opposition ne peut pas me donner un avis»

Une responsabilité qu’il ne voit pas au sein de la société civile à laquelle il ne donne aucun crédit. Et pour cause, il explique : «Amnesty international gagnerait, d’abord, à revoir le statut de ses représentants chez nous. Je respecte Amnesty tout comme toutes les Ong qui luttent vaillamment pour les droits de l’homme. Mais, lorsque les représentants de ces organisations marchent avec l’opposition, vont voter lorsqu’il s’agit d’un referendum dans le camp de l’opposition et contre le pouvoir, leurs avis n’ont aucun intérêt à mes yeux. Ils sont politisés. Ils gagneraient à entrer dans l’opposition. Là on est à l’aise. Celui qui peut marcher avec l’opposition ne peut pas me donner avis».

Mbaye Thiandoum

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