CONCERTATIONS NATIONALES SUR LE PÉTROLE ET LE GAZ: L’opposition boycotte, Macky Sall solde ses comptes avec Abdoul Mbaye et Ousmane Sonko

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Le président de la République a présidé, hier, les concertations nationales sur la gestion des revenus issus de l’exploitation du pétrole et du gaz. La rencontre, boycottée par l’opposition dans son écrasante majorité, a été l’occasion pour le chef de l’État de dire à qui veut l’entendre qu’il est le seul maître à bord du bateau Sénégal. Sur un autre registre, Macky Sall a décidé de l’ouverture du CosPétroGaz à la société civile.

Prenant la parole à la suite du professeur Malick Ndiaye, qui a déploré l’absence des leaders de l’opposition, en ces termes, le Président Macky Sall a apporté une réponse salée, à la hauteur du boycott des gens de l’opposition. «Il va falloir qu’on mette les choses au clair. Le président de la République a été élu par le peuple. Donc, on ne peut pas, sous prétexte de conflit politique, vouloir nier ou effacer cette volonté du peuple. On peut bien discuter avec une opposition, mais il faut savoir que les pays ont des lois et règlements. Et le premier acte dans la citoyenneté, c’est de respecter les institutions de la République. Le président de la République, c’est vrai qu’il a une appartenance politique, mais quand il s’agit des affaires de la nation et de la République…», a déclaré Macky Sall. Qui sans attendre, répond, sans les citer, à Idrissa Seck, à Abdoul Mbaye, à Ousmane Sonko et à Mamadou Lamine Diallo. «Ils ont parlé partout, comme s’il s’agissait de scandale, qu’on n’avait pas taxé la phase d’exploration à Total, lorsqu’on lui confiait des blocs. Alors que la loi dit clairement qu’il ne peut y avoir de taxation à cet étape», raille-t-il.
Et d’enchainer pour dire que ceux qui s’échinent sur le partage 50-50 des réserves du bloc situé entre le Sénégal et la Mauritanie n’ont rien compris. Revenant sur le sujet de la rencontre, Macky Sall a déclaré que celle-ci marque une étape importante dans le processus d’exploitation des hydrocarbures du Sénégal. «Gestion prudente, sereine, inclusive et durable de nos ressources pétrolières et gazières et d’en maitriser les énormes enjeux géostratégiques qui sont d’ordre sécuritaire, socioéconomique et écologique. Nous connaissons les risques auxquels font face les pays soudainement pourvus de richesses, il est donc impératif de prendre des mesures conservatoires visant à préserver la nation de toutes les externalités négatives liées au développement de l’industrie pétrolière», a-t-il déclaré.

«Le pétrole n’est pas une ressource renouvelable, les barils produits ne seront jamais remplacés»

Ainsi, explique Macky Sall, le développement raisonné du secteur pétrolier requiert des ressources humaines hautement qualifiées, imprégnées des valeurs de vertu, de bonne gouvernance. Se voulant rassurant quant à la bonne gestion des revenus issus de ces ressources naturelles, le président de la République a invité à l’utilisation judicieuse desdits revenus. «Notre sous-sol est généreux, mais le pétrole n’est pas une ressource renouvelable et les barils qui seront produits ne seront jamais remplacés. Chaque dollar doit être judicieusement utilisé», dit-il, ajoutant que c’est uniquement dans les échanges constructifs et responsables que nous relèverons les défis majeurs. «Le pétrole suscite d’énormes espoirs. Je formule donc le vœu que cette journée soit placée sous le signe du dépassement de soi pour bâtir un Sénégal émergent», dit-il.
Longtemps demandée par la société civile sénégalaise, notamment par la coalition «Publiez ce que payez», le chef de l’État a décidé, lors de ces concertations,  de l’ouverture du CosPetroGaz à la société civile. «Je suis tout à fait ouvert à ce qu’on ouvre le CosPetroGaz à la société civile». Mais, dit-il, cela se fera à la condition «de respecter le code d’éthique».
L’un des rares membres de l’opposition, avec Hélène Tine, Me Mame Adama Guèye a axé son intervention sur deux propositions : Le contrôle, pour éviter d’être berné par les exploitants. Ensuite, de modifier le Code pétrolier pour y introduire l’obligation d’appel d’offres pour donner les sept blocs restants, dans le but de trouver la meilleure proposition pour le Sénégal.

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