A QUELQUES JOURS DU MOIS DE RAMADAN: L’Unacois annonce un risque de hausse de prix des denrées alimentaires

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Les commerçants sénégalais sont noirs de colère. Faisant face à la presse, hier, l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois-Jappo) est montée au créneau pour dénoncer l’attitude de l’Etat à leur égard. Idy Thiam et Cie exigent, entre autres, l’audit de la production de la Compagnie sucrière sénégalaise, la neutralité de l’Etat dans le jeu de la concurrence. Ils ont aussi prévenu les populations d’un risque d’augmentation des prix dans les jours à venir.

A cause des nouvelles taxes sur certains produits, le consommateur sénégalais pourrait être confronté à une hausse du prix de ces produits. Selon le directeur exécutif de l’Unacois, ils ont reçu une note de la douane qui fait état de 10% de taxe sur tous les corps gras alimentaires, 15% sur d’autres comme les jus de fruits, les légumes et les boissons non alcoolisées, 5% sur le tabac et 83% de taxe sur l’huile. Ce qu’il faut comprendre, insiste Ousmane Sy Ndiaye, c’est qu’à chaque fois que l’on charge le commerçant de ces genres de taxes, il se décharge lui aussi sur le consommateur. «C’est dommage que ces taxes interviennent à quelques jours du mois de Ramadan. Il est clair que les risques de perturbation du marché et des hausses de prix sont imminents», a déclaré Ousmane Sy Ndiaye.

Gestion du marché du sucre, Unacois charge l’Etat et menace

Pour M. Ndiaye, il est impératif d’effectuer un audit de la production. «Nous exigeons que l’Etat engage un audit technique de la production de sucre au Sénégal.  Pourquoi il n’y a pas de réelle transparence sur ses capacités réelles à répondre aux besoins du marché. S’il est avéré que la Css a les moyens de satisfaire la demande, les commerçants vont renoncer à l’importation. Que l’industriel ne puisse pas couvrir la demande du marché et qu’on lui reconnaisse le monopole de la production, on est d’accord. Mais qu’on  nous dise, sur le gap à importer, que c’est le même industriel qui a le monopole de l’importation, ça, c’est un problème. C’est une exigence sur laquelle l’Unacois restera intransigeante», argue le commerçant.
Ousmane Sy Ndiaye et Cie veulent aussi que l’Etat reste neutre dans le domaine de la concurrence. «On ne demande pas d’avantages particuliers, on ne demande pas de quotas, nous demandons simplement à l’Etat de rester neutre. Il y a une différence fondamentale entre protéger une production locale et interdire une activité d’importation qui est régulière et autorisée par toutes les lois en vigueur dans l’espace communautaire», précise le directeur exécutif de l’Unacois.

Modou Diop : «le prix du sucre au Sénégal est le double de celui du marché mondial»

Selon le vice-président de l’organisation, malgré toutes les ententes signées entre l’Etat et l’Unacois, la situation des commerçants va de mal en pis. «Tous les produits importés ont des nouvelles taxes. Les grandes surfaces pullulent à chaque coin de rue. Une nouvelle taxe appelée taxe conjoncturelle d’importation (Tci) de 10% a été récemment appliquée sur le sucre. C’est des mesures de ce genre qui font que nous sommes le pays de la sous-région qui a le prix de sucre le plus élevé. Il est prouvé que le prix de sucre au Sénégal est le double de celui du marché mondial», affirme Modou Diop.
A en croire M. Diop, l’Etat privilégie la Compagnie sucrière sénégalaise au détriment des importateurs. «Nous n’aurions rien à dire si la Compagnie sucrière sénégalaise pouvait satisfaire la demande des Sénégalais avec sa propre production, mais elle se permet d’importer du sucre pour le stocker et ensuite le brandir sous le nez de l’Etat afin que ce dernier nous interdise d’importer. Nous n’avons rien contre les industriels ; ce qui nous dérange, c’est de vouloir être en même temps un industriel et un grand importateur»,  déplore-t-il.

Moustapha Lo : «il y a un manque de respect notoire de l’Etat à notre égard»

Pour Moustapha Lo, l’Etat ne gère que ses intérêts. «Des centaines de tonnes de riz sont bloquées au port parce que l’Etat refuse de délivrer la déclaration d’importation de produits alimentaires (Dipa), comme il se doit. Les importateurs des autres produits comme l’huile, les pâtes alimentaires rencontrent les mêmes problèmes. Nous déplorons le manque de respect du gouvernement à l’endroit de  l’Unacois», dénonce-t-il. D’après lui, ce qui est plus troublant, c’est de constater que le ministre du Commerce a son mot à dire dans le dédouanement des marchandises. «Il y a une ingérence sans frontière dans le traitement de nos dossiers. Depuis quand le ministre du Commerce a son mot à dire dans le dédouanement des marchandises ? Aussi, le Premier ministre, coordonnateur du gouvernement, doit savoir délimiter ses prérogatives», révèle M. Lô, avant d’enchainer : «pour ce qui est du sucre, il était convenu que Mimran pouvait produire la quantité qu’il veut, mais dès qu’il y a rupture dans ses stocks, seuls les commerçants pouvaient importer. Mais le Premier ministre a décidé d’éjecter les commerçants. Bon sang, la Compagnie sucrière ne peut pas monopoliser le marché du sucre !  Au lieu de 18%, nous avons permis à la Css de payer 6% pour la Tva locale, en plus de sa subvention primaire. Alors que nous les commerçants, nous rencontrons tellement de tracasserie douanières», déplore Moustapha Lô.

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