CHEIKH BAMBA DIEYE VILIPENDE LA FRANCE: «15 ans au moins que les 25 millions d’euros promis par la France sont annoncés, mais jamais décaissés à hauteur de 20%»

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Les engagements financiers de Macron et de la France envers Saint-Louis laissent de marbre et à la limite irritent Cheikh Bamba Dièye. L’ancien maire de la vieille ville (2009-2014) constate que c’est le même montant qui revient depuis 15 ans et les décaissements dépassent à peine le 1/5ème de la somme. Et pendant ce temps, en un laps de temps, la France a amassé des milliards au Sénégal. Dès lors, il pense que c’est Macky Sall qui devait être accueilli en France avec tous les honneurs et les boutiques fermées et non Macron à Dakar et Saint-Louis. Pour lui, cela prouve que nous avons de «mauvais dirigeants» qui sont en train de conduire le pays au «péril».

De qui se moque la France ? Des Saint-Louisiens sans doute, si l’on en croit Cheikh Bamba Dièye. En effet, pendant près de 15 ans, c’est le même montant qui est promis à la vieille ville, dans le cadre de son programme de développement touristique. Et pire, c’est au compte-goutte que le pays de Macron libère le financement qui dépasse à peine le quart du montant promis. «Durant la presque totalité du mandat de feu Ousmane Masseck Ndiaye comme maire de Saint-Louis, les 5 années que j’y ai passées avec les 4 années du maire Mansour Faye, voici au moins 15 années que le montant du programme de développement touristique de Saint-Louis de 25 millions d’euros figure chaque année sur le tableau de la coopération entre nos deux pays, avec un taux de décaissement de moins de 20% depuis 9 années», a révélé l’ancien maire de la vieille ville (2009-2014). Vu ce précédent, il est sceptique quant au nouvel engagement du Président français dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. «A ce rythme, impossible de prévoir quand la promesse de 15 millions d’euros sera disponible à Saint-Louis, dans le cadre du changement climatique», se désole-t-il.
Cette lenteur de la France à respecter ses engagements portant sur des sommes pas du tout astronomiques est d’autant plus inacceptable, pour Cheikh Bamba Dièye, que, pendant ce temps, le pays de Marianne, en un temps record, s’est vu offrir des centaines de milliards sous formes de contrats diverses. «Rien que sur les 12 derniers mois, le Sénégal a signé, en faveur de la France, deux contrats commerciaux d’une valeur avoisinant les 1400 milliards (Train express régional et deux avions Airbus) compte non tenu des projets de lampadaires solaires, de travaux publics, de projets en eau et électricité etc.», explique l’ancien édile de la ville de Saint-Louis. Qui insiste sur le contraste et l’incohérence consistant à mettre les œillères à tout un pays pour les beaux yeux de Macron. «Offrir 1400 milliards de contrats à un pays tiers, soit 2130 millions d’euros et recevoir en retour 15 millions d’euros en dons, est-ce que cela vaut que toute une République, toute une ville soient mobilisées, son activité économique stoppée?» pour sa part, le leader Fsd/Bj affirme que «cela relève de l’inconscience».

«Pour ce cadeau royal que le Sénégal a offert à la France, c’est Macky Sall qui aurait dû être accueilli sur les Champs-Élysées avec les honneurs et  toutes boutiques fermées»

Poursuivant, Il pense que «lorsqu’un pays pauvre parmi les plus pauvres est capable d’une telle générosité envers l’ancienne métropole coloniale, ce pays ne devrait avoir aucun mal pour assurer la protection de la côte de Saint-Louis et assurer la sécurité et la quiétude de plus de 100.000 citoyens sénégalais ne devraient pas troubler son sommeil au point de nécessiter tout ce tapage». Mieux, Cheikh Bamba Dièye martèle : «pour ce cadeau royal que le Sénégal a offert à la France, les rôles auraient dû être inversés, c’est Macky Sall qui aurait dû être accueilli sur les Champs-Élysées avec les honneurs et  toutes boutiques fermées». Mais il s’empresse d’ajouter : «même dans nos rêves les plus fous, nous savons ce cas de figure est plus qu’improbable». Et de finir par brocarder les tenants du pouvoir. «Il n’y a pas plus grand péril pour un peuple que d’être managé par de mauvais dirigeants plus préoccupés à contenter les puissants du dehors afin d’avoir la permission de martyriser son opposition, ses acteurs économiques,  les forces  vives de son pays, l’Etat de droit, la démocratie et les libertés», assène-t-il.

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