PAS DE MILITAIRE A LA TETE DE L’INTERIEUR: L’opposition corrige Macky, maintient sa marche et fixe ses exigences

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Décidés à battre le macadam le 9 février prochain pour dénoncer «des violations sur la démocratie sénégalaise», les organisations membres de l’Initiative pour des élections démocratiques assurent que leur marche se tiendra. Au Président Macky Sall, qui déclarait avant-hier qu’il ne nommera pas un militaire à la tête du ministère de l’Intérieur, l’opposition rappelle que cela n’a jamais été sa demande.

 

Depuis Addis où il prenait part au 30ème sommet de l’Union Africaine, le Président Macky Sall a égratigné l’opposition, lui faisant savoir qu’il ne prendrait pas un militaire pour en faire un ministre de l’Intérieur. «Si c’est cela leur attente, c’est peine perdue», avait décidé le chef de l’Etat. La réplique de l’opposition ne s’est pas fait attendre. En conférence de presse, hier à Dakar, les organisations membres de l’Initiative pour des élections démocratiques ont répliqué à la charge du Président Sall, lui indiquant que son souci n’a jamais fait partie de leurs demandes. «Nous n’avons jamais demandé qu’un militaire soit nommé au ministère de l’Intérieur. Maintenant,  je ne sais pas à quoi fait allusion le Président Macky Sall. L’Initiative n’a jamais dit qu’il fallait un militaire à la tête du ministère de l’Intérieur», a répondu Mamadou Lamine Diallo, porte-parole du jour. Poursuivant, le patron du mouvement Tekki laisse entendre qu’il faut une commission tripartite ou une commission arbitrale de trois ou quatre membres où le pouvoir, l’opposition, la société civile et les non-inscrits vont chacun désigner un membre.
Revenant sur leur marche prévue le 9 février 2018, visant à obtenir des autorités politiques la tenue d’une élection présidentielle démocratique, libre et transparente, Dr Diallo Diop, Mamadou Lamine Diallo, Mamadou Diop Decroix et les autres informent avoir transmis, dès sa constitution, une lettre au président de la République et au gouvernement du Sénégal pour les informer de leur initiative. Mais, déplorent-ils, «nous n’avons reçu aucune réponse à ce jour». «Nous allons continuer notre combat jusqu’à satisfaction de nos revendications et le 9 février sera l’expression d’une première mobilisation. Celle-ci prendra des formes différentes après, mais ira crescendo», avertissent les opposants.

L’opposition récuse le médiateur Seydou Nourou Ba

Pour ce qui est du dialogue politique convoqué par le gouvernement pour des discussions autour du code électoral, l’opposition estime que ce dialogue, convoqué par le ministre de l’Intérieur, n’est qu’une entreprise de légitimation et d’amélioration des performances de la fameuse machine de confiscation du suffrage populaire qui a déjà servi au référendum de 2016 et aux législatives de 2017. «Qu’est-ce que le président de la République a posé depuis les législatives, comme acte susceptible d’indiquer qu’il prenait véritablement en considération les points de vue de l’opposition, lesquels viennent d’être corroborés en tous points par le rapport de la Cena ?», se questionne-t-elle. Et de répondre : «Rien, absolument rien!» Ainsi explique-t-elle, «voilà pourquoi nous avons décidé de récuser ce schéma de soi-disant dialogue que Macky Sall veut imposer à l’opposition sur le mode du : ‘’c’est à prendre ou à laisser’’», déclare-t-elle disant à qui veut l’entendre qu’elle récuse le médiateur désigné, par le chef de l’Etat, le Pr Seydou Nourou Ba.

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