DEMANDE DE MISE EN LIBERTE PROVISOIRE POUR KHALIFA SALL ET CIE: Le procureur de la République menace d’ordonner des poursuites si les pièces sont déposées sur sa table

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Les avocats de Khalifa Sall ont joint à leur demande de liberté provisoire des documents constituant les biens qu’ils proposent de consigner. Mais, tout le monde sortira-t-il indemne et sans grave conséquence avec cette requête ? La question est d’autant plus pertinente que le Procureur a menacé d’enclencher des poursuites, si le juge les autorise à consigner et qu’ils lui déposent les pièces constituées de «baux et de délibérations».

Que les avocats de Khalifa Sall se le tiennent pour dit : si le Procureur n’a pas été très prolixe sur la question de la liberté provisoire, c’est parce qu’en fait, il  ne croit pas un instant à cette requête. «Je crois que vous le dites comme ça, mais vous n’osez pas le faire. L’article 140 dit qu’on consigne ce qu’on a pris. Mais, dans les pièces que j’ai vues, il y a des baux, des délibérations etc. Le bail c’est une location», a commencé déjà à préciser Serigne Bassirou Guèye, qui poursuit, menaçant cette fois : «si vous déposer les baux, c’est une tentative d’escroquerie. Comment donner un bien qui ne vous appartient pas ? Et puis, ils évaluent la valeur des terrains à des prix dans le rapport d’expertise… Les terrains, en fait, appartiennent à l’Etat, donc il y a une soustraction de deniers publics. Si le président vous l’autorise, venez, vous allez me trouver !» Visiblement très déterminé, le procureur de la République poursuit : «ils nous proposent des terrains à Bambilor, qui sont du domaine national et ils nous produisent des délibérations… Je vous attends», menace-t-il encore.

Serigne Bassirou Guèye menace les avocats 

Glissant sur un autre terrain, Serigne Bassirou Guèye s’en prend aux avocats, individuellement, qui, selon lui, l’ont menacé. Il a ainsi demandé au président de le protéger. Dégageant en touche certaines accusations, le procureur de la République indique qu’il s’énerve très rarement : «je ne m’énerve pas très rapidement, mais qui me cherchera me trouvera». Auparavant, Serigne Bassirou Guèye avait menacé les conseils de la défense qui «l’attaquent» depuis le début du procès. «J’ai l’impression qu’on a oublié qu’avant ce procès, nous nous sommes retrouvés, par ailleurs, dans les séminaires etc. Comment pouvez-vous prendre la liberté d’insulter comme ça ? Et pourtant, certains m’appellent parfois à 2h du matin pour me dire qu’un client a été bloqué à l’aéroport pour telle raison et j’interviens. Alors, arrêtez maintenant ! », martèle le chef du Parquet.

«Nous savons combien c’est douloureux d’être en prison. Mais ayez confiance en moi… » 

Après ces menaces et injonctions, le procureur de la République a adouci un peu le ton. «Je suis le procureur de la République, les gens pensent que je suis dans une position confortable, mais ma position est peu enviable. J’ai une famille aussi et demain, un membre de ma famille pourrait se retrouver dans cette situation et je ne voudrais pas que ses droits soient violés, alors comment pourrais-je violer les droits des autres ? Ensuite, je rappelle que je suis un croyant. Nous savons combien c’est douloureux d’être en prison. Mais ayez confiance en moi… », s’est expliqué Serigne Bassirou Guèye.
Il a, par ailleurs, rappelé que c’est lui qui fait l’enquête et qu’à l’enquête préliminaire, Khalifa Sall n’était pas un suspect. Par rapport aux dossiers dont parlaient les avocats de la défense, le procureur de la République a soutenu que c’est tombé sur son bureau après l’appel des avocats concernant l’ordonnance de refus du Doyen des juges sur l’autorisation de consigner et qu’il les garde jalousement et que si les avocats le lui demandent, il le leur remet illico presto. Sur ce, à la demande du juge Malick Lamotte, il s’est levé et lui remet toutes les pièces.

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