​LAC DE GUIERS SORT DE SON LIT: « le favoritisme est la plaie de la lutte »

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Le visage crispé, les yeux rougis par la fatigue, Lac de Guiers 2 ne s’est pas enfermé dans un trou pour pleurer sa défaite. Il a fait face à «Les Echos», dans son salon.  Malgré la déception, il assure avoir dormi comme un loir. «J’ai beaucoup dormi», glisse-t-il, avec un large sourire. Abattu, certes, par sa défaite contre Modou Lô, le puncheur du Walo, la mort dans l’âme, souligne être quitte avec sa conscience, pour avoir rempli sa part du contrat. Contrairement à ce que bon nombre de Sénégalais pensent, il affirme avoir fait ce qu’il fallait. «Je suis allé le chercher. Je l’ai attaqué. J’ai même réussi à prendre sa jambe. Mais comme je n’avais pas une bonne saisie, j’ai lâché prise, car ma main gauche était sur sa cuisse et tout le monde sait qu’une cuisse ne peut pas faire tomber un lutteur», a expliqué Lac de Guiers 2.

«Les arbitres m’ont harcelé, les Gmi m’ont forcé à passer par une porte ‘’minée’’»

Son style défensif souvent décrié dans l’arène ne le gêne pas. Le lutteur walo-walo dit à qui veut l’entendre qu’il ne changera jamais sa façon de faire. A l’en croire, c’est dans sa nature et personne n’y peut rien. «Je fais des calculs dans mes combats, pour ne pas commettre des erreurs. Je ne suis pas de ces lutteurs qui foncent sur leurs adversaires, sans stratégie, au coup de sifflet. Je pense à tout. Je suis calme et personne ne pourra changer ma façon de lutter», indique Lac 2, qui souligne n’avoir pas été atteint sur le plan mystique. Aussi, Lac 2 refuse la thèse selon laquelle il a trop respecté son adversaire. Lac 2 n’est pas non plus content de l’arbitrage de son combat perdu contre Modou Lô, dimanche  au stade Léopold Senghor. «Je ne les comprends pas ! Beaucoup de choses inexplicables se sont passées dans l’enceinte. Les arbitres m’ont mis la pression. C’était du harcèlement, à la limite. Ils m’ont harcelé sur tout. Ce que je trouve anormal», indique-t-il.

«Modou Lo a été favorisé, il pouvait circuler comme bon lui semble au stade, on m’interdisait tout»

«Même mon entrée dans le stade a été un véritable calvaire. Les Gmi m’ont presque tout refusé au stade. Ils m’ont forcé à passer par une porte que Modou Lo avait  ‘’minée’’. Lorsque j’ai tenté de leur faire entendre raison, ils n’ont rien voulu comprendre et ont tapé du poing sur ma voiture. C’en était trop pour moi», ajoute Lac 2. Aussi, le tombeur de Papa Sow de dénoncer le favoritisme qui existe dans l’arène. «Modou Lo pouvait circuler comme bon lui semble au stade, mais pas moi. On m’interdisait tout. J’avais les mains liées. C’était compliqué pour moi. Je suis un Sénégalais. Je suis né ici, mais comme disait Yekini : «les gens ne me détestent pas, mais ils veulent voir un autre champion. C’est tout», souligne-t-il.

«Le favoritisme est la plaie de la lutte»

Pour Lac 2, le favoritisme est la plaie de cette discipline. «Le retrait des sponsors n’est pas un frein à la lutte, mais plutôt le favoritisme. C’est la plaie de cette discipline. On peut supporter un lutteur, mais faisons les choses dans les règles de l’art. Au stade, on n’a prononcé mon nom qu’une seule fois, le reste c’était du Modou Lo. Comme si je n’avais rien fait. Cela me désole», indique-t-il.

«Lutter jusqu’à 40 ans, je n’y pense même pas»

A ceux qui attendent sa chute, Lac de Guiers les envoie balader. «Ils peuvent me combattre, mais si Dieu décide que mon pagne ne touchera pas le sol, ce sera peine perdue», lance-t-il, avant de souligner qu’il dérange. «Je sais que je dérange beaucoup, mais ils doivent savoir que c’est Dieu qui m’a mis là». Parlant de son avenir, Lac de Guiers souligne que la fin est proche. Sans donner une date exacte, il affirme qu’il ne luttera pas jusqu’à 40 ans.
Quant aux sanctions pécuniaires après ses sorties délibérées, il demande au Cng de remettre cet argent aux anciennes gloires, comme Mbaye Guèye ou Birahim Ndiaye. Des anciens lutteurs qui ne manquent jamais de le critiquer. Comme pour leur répondre de façon ironique, il souligne : «je milite pour que le Cng verse cet argent à ces monuments qui en ont besoin, comme je dérange».

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