VOTE BUDGET DU MINISTERE DE LA SANTE ET DE L’ACTION SOCIALE : La Cmu, le manque d’infrastructures et de personnel, des maux qui plombent le secteur de la santé

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Le ministre de la Santé et de l’Action sociale est passé, hier, devant la représentation nationale pour le vote de son budget, qui a connu une hausse de près de 6 milliards pour l’année 2018. De 163.522.351.000 francs Cfa en 2017, il passe à 169.487.111.320 francs pour 2018. Lors de cette séance plénière, les députés sont revenus sur certains problèmes du secteur. Parmi leurs interpellations, la gestion des comités de santé, le remboursement pour les mutuelles de santé, la qualité des formations, le recrutement et le redéploiement des personnels.

 

 Seul 1/3 des députés intéressés par la santé

 Certainement à cause de la cérémonie d’inauguration de l’Aéroport internationale Blaise Diagne (Aibd), seulement une soixantaine de députés (soit environ le 1/3) ont assisté à la séance plénière pour le vote du budget du ministère de la Santé et de l’Action sociale. Ce qui dénote d’un manque de respect notoire de la représentation nationale pour ce secteur si important. Néanmoins, ils ont listé un certain nombre de préoccupations concernant la carte sanitaire, les programmes de santé, les dotations en médicaments, le personnel de santé, la qualité des formations, la lutte contre les médicaments de la rue etc.

Concernant les chantiers de Touba, Serigne Cheikh Mbacké Bara Doli a interpellé le ministre de la Santé sur les retards notés dans l’exécution des travaux. Et Abdoulaye Diouf Sarr de clarifier que la situation décrite pour Touba est très loin de la réalité.

Jean-Baptiste Diouf, évoquant les problèmes de gestion de l’hôpital Abass Ndao, dénonce les retards dans les versements des subventions. «Lors de la dévolution du patrimoine de la Communauté urbaine de Dakar, il était question de prendre en charge le personnel. C’est dans ce sens que le ministère des Finances devait donner une subvention de 100 millions pour le fonctionnement de l’hôpital. Le retard dans le versement de cette subvention a créé quelques difficultés», renseigne le maire de Grand-Dakar.

Issa Sall : «il y a beaucoup de médecins qui chôment et c’est inconcevable»

 Embouchant la même trompette, El Hadji Issa Sall explique ces manquements dans le secteur de la santé par un manque de volonté. «Il nous manque de l’audace dans ce pays. 60 ans après les indépendances, on aurait pu avoir au moins un hôpital par département, un centre de santé par commune et dans chaque village un poste de santé. Cela est très facilement réalisable, il suffit simplement d’une volonté politique. Il aurait fallu saisir les autorités locales de chaque commune pour avoir une assiette foncière pour y ériger une structure sanitaire», précise Issa Sall. A l’en croire, il y a beaucoup de médecins qui chôment et c’est inconcevable. «Comment peut-on avoir autant de médecins diplômés et souffrir d’un manque de personnel dans les hôpitaux ? Même si on recrutait tous ces médecins, ce ne serait même pas suffisant. La qualité de la formation des personnels de santé est de votre responsabilité. Il faut imposer aux structures qui veulent faire la formation en santé d’avoir un curriculum. Quand les Sénégalais ont 70 ans d’espérance de vie, les Japonais en sont à 90 ans», a affirmé M. Sall.

Mamadou Diop Decroix : «il y a un gap de 4000 sages-femmes, 20 enfants sur 100 meurent avant d’avoir 5 ans, 41 centres de santé de référence sans bloc opératoire et 234 postes de santé sans maternité»

 Selon Mamadou Diop Decroix, Abdoulaye Diouf Sarr a du pain sur la planche. «Il y a beaucoup de problèmes dans le secteur de la santé. Il faudra beaucoup de courage pour vous en sortir. Ce n’est pas vous, mais plutôt un problème de vision. Nous avons un gap de 4000 sages-femmes, il y a 20 enfants sur 100 qui meurent avant d’avoir 5 ans, 41 centres de santé de référence sans bloc opératoire et 234 postes de santé sans maternité. L’Organisation mondiale de la santé nous demande d’avoir un médecin pour 7000 habitants et nous en sommes à un pour 19.000. Il faut une vision pour la santé et elle doit s’appuyer sur la prévention. Cette prévention doit avoir une part très importante dans le budget du ministère de la Santé», indique-t-il.

 Woré Sarr : «vous êtes mal informé de la situation de ce pays»

 L’ancienne maire de Médina-Gounass appelle Abdoulaye Diouf Sarr à s’informer davantage sur la réalité de son secteur. «Vous êtes mal informé de la situation du pays. L’opération césarienne est gratuite, mais la patiente doit acheter un kit à 4000 F. Quelles sont les mesures urgentes que vous entendez prendre pour régler le problème de la tuberculeuse qui est très présente dans la banlieue ?», demande-t-elle.

Abdou Lahat Sadaga : «il y a des gens qui veulent créer des problèmes imaginaires entre Touba et le chef de l’Etat»

 Selon Abdou Lahat Sadaga,  Il n’y a aucun problème entre Touba et le Président Macky Sall. «Il a toujours témoigné du respect pour le Khalife en accédant à toutes ses demandes, contrairement à Abdoulaye Wade qui avait catégoriquement refusé de suivre le ndigël de Serigne Saliou en 2000. Il a fait pareil avec El Hadji Bara, qui lui demandait de surseoir aux problèmes entre lui et Macky Sall», renseigne le député apériste.

Abdoulaye Diouf Sarr rassure

Prenant la parole, le ministre de la Santé et de l’Action sociale a tenu à rassurer les représentants du peuple. En ce qui concerne les personnels de santé et les écoles de santé, Abdoulaye Diouf Sarr affirme que le Sénégal dispose de ressources humaines de qualité. Et pour la Couverture maladie universelle, elle va bénéficier d’un financement a hauteur de 357 milliards, pour rendre accessible la santé à tous et couvrir les besoins de toutes les localités. Il a aussi promis de prendre des mesures très rapidement pour régler le problème des médicaments de la rue.

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