YOUSSOU TOURE: «Quand la Première dame va rendre visite au Président Wade, tout le monde devrait applaudir

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En rupture de ban avec le président de la République depuis le dernier remaniement, Youssou Touré ne se considère pas pour autant exclu de l’Apr. Tout en réaffirmant son appartenance à la formation présidentielle et à la coalition Benno Bokk Yakaar, le coordonnateur du Réseau des enseignants de l’Apr ne manque pas de dire ses vérités. Rejet de l’appel au dialogue par Wade, la visite à polémique que la Première dame a rendu à ce dernier à son domicile de Fann…, l’ancien secrétaire d’Etat à l’Alphabétisation se livre.

On parle de plus en plus de dialogue au Sénégal, qu’en pensez-vous ?
De mon point de vue, l’heure est à la réconciliation. L’heure est au rapprochement des positions. Macky Sall n’a jamais accepté qu’on parle du Président Wade, en employant certains termes. Il l’a toujours refusé. Il y a peut-être des difficultés, des incompréhensions. Mais, nous souhaitons un rapprochement rapide entre les deux camps. Le Président Wade a beaucoup fait pour ce pays. Mais, il faut aussi reconnaître qu’en moins de cinq ans, le Président Macky Sall a réussi beaucoup de choses.

Mais avec les conditions du Président Wade lui-même, vous pensez que le dialogue se fera ?
De toute façon, il faut qu’on se parle. Il n’y a pas de Sénégalais au-dessus d’un autre. Donc, il ne faudrait pas que, de par les discours, ici et là, cette dynamique soit rompue. Il faut qu’on maintienne le contact. Quand par exemple la Première dame va rendre visite au Président Wade, tous les hommes de bonne foi et de bonne volonté devraient applaudir. Parce que, c’est cela aussi le Sénégal. C’est vrai qu’il nous faut une opposition très forte ; tout comme le pouvoir aussi doit être très fort, mais discutons, échangeons et au moment des élections que le peuple départage.

Certains posent comme condition la libération de Khalifa Sall…
Nous sommes avant tout des croyants. On n’aimerait voir personne derrière les barreaux et on ne le souhaite à personne. Dans le cadre de ce dialogue, on doit trouver des stratégies à même de faire en sorte qu’on puisse se retrouver autour de l’essentiel. Nous ne pouvons pas souhaiter à Khalifa Sall la prison. Nous vivons cela de façon dramatique, à la limite. Il faut qu’on trouve des passerelles pour nous parler. Il faut que l’on ait un esprit de dépassement, sinon, le dialogue sera bloqué. Khalifa Sall, personne, je dis bien personne, à commencer par le président de notre parti, ne lui souhaite la prison. Il a des qualités certaines que je tairai pour le moment. Je les tairai pour le moment, mais il a des qualités.

Les Echos

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