Plaidoyer pour élever le Musée des Civilisations noires en une institution de l’Union africaine

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Les participants de la Conférence de préfiguration pour le Musée des Civilisations noires ont manifesté le souhait de faire du musée, une institution de l’Union africaine afin que son modèle ne soit pas reproduit dans aucun autre pays africain, a fait savoir, dimanche le Président du Comité scientifique de la Conférence, Ibrahima Thioub.

‘’Nous allons faire en sorte que ce musée ne soit pas repris par les autres pays africains et nous avons voulu en faire une institution de l’Union africaine ‘’, a-t-il dit au terme de la cérémonie de clôture de la conférence de préfiguration qui a débuté, jeudi.

Le musée qui sera inauguré en novembre prochain est un édifice d’une superficie de 14 500 m2 qui dispose de 3 500 m2 de surface d’exposition et d’un amphithéâtre.

Trois ateliers ont été organisés à savoir l’’’institution muséale, la recherche et collection, et l’économie de la culture’’, durant les quatre jours de la conférence. Une feuille de route élaborée à l’issue de ces rencontres, va être remise à la Direction générale du Musée des civilisations noires (MCN), a annoncé Ibrahima Thioub, par ailleurs recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar  (UCAD.

Tous les besoins du continent africain ont été pris en compte dans les recommandations afin d’éviter qu’un musée similaire ne soit reproduit en Afrique, a-t-il souligné, précisant que le MCN ‘’ne sera la copie d’aucun autre musée’’.

Nous (les africains) allons le construire ensemble pour en faire un musée qui mobilise les hommes, les femmes et les jeunes et en prenant compte les préoccupations de toutes les communautés et l’histoire’’, a-t-il dit, ajoutant que le MCN sera un musée de la documentation, un lien de production de ressources, de revenus, un musée au service de l’éducation.

‘’Le concept de civilisation sera revisité’’ à travers ce musée, a-t-il enfin dit.

De son côté, l’ancien ministre malien en charge de l’Education, Adama Samassekou par ailleurs président de la séance de clôture,  a invité les participants de la conférence à tracer, à travers ce musée, le chemin par lequel les peuples africains pourront aller à la quête de soi.

‘’La connaissance de soi même est la première valeur africaine et il est important pour les peuples de ce continent d’aller vers cette quête de soi’’, a-t-il dit, soulignant qu’il ‘’est essentiel de retourner à nos valeurs’’.

‘’La création de ce musée est un projet ‘’légitime et d’actualité’’. ‘’Nous devons nous retrouver, pas dans un mouvement d’enfermement, mais dans l’enracinement et l’ouverture’’, a expliqué M. Samassekou.

‘’L’africain, poursuit Adama Samassekou, doit au préalable savoir qui il est pour arriver à ce qu’il sait le mieux faire, c’est-à-dire partager’’.

L’ancien ministre malien a enfin soutenu que ‘’la construction de ce musée et sa mise en place participe à aider le continent à dire au reste du monde qui elle est’’.

Pour sa part  le Directeur général du Musée des civilisations noires (MCN), Hamady Bocoum a soutenu que ‘’si le MCN doit réussir quelque chose, c’est d’être, la capitale intellectuelle et culturelle du monde noir’’.

Le MCN doit être un musée évolutif qui se crée et se recrée tous les jours. Les civilisations noires sont en mouvement. Ce ne sera pas le musée du noir au sens propre du terme mais, cela ne veut pas dire que les noirs ‘’vont être écartés, a-t-il dit, précisant que les concepts doivent être contextualités.

La question de l’esclavage

Durant les échanges lors de cette rencontre, certains participants ont souligné la nécessité d’enlever les références à l’esclavage mentionnée dans les rapports pour qu’il n’y ait une quelconque vision d’exclusion.

D’autres, au contraire, ont estimé que l’esclavage a été un moment critique dans l’histoire des peuples noirs et qu’il n’est pas possible de l’occulter, appelant à prendre en compte l’impact que cette expérience sur le destin individuel et collectif de ce peuple et à ne pas tomber dans le piège du silence sur cette question.

‘’Nous voulons mettre l’accent sur le fait que nous avons été malmenés, maltraités. On nous a volé notre histoire, humilié et c’est tout à fait normal que nous voulions la refaire’’, a insisté le professeur Iba Der Thiam.

De son côté, le Directeur du WARC, Ousmane Sène a affirmé que le ‘’musée est noir et il faudra respecter cela’’.

 

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